
C’est ainsi que Steven Soderbergh a exprimé son enthousiasme suite aux premières images du film Avatar de James Cameron.
Pour ma part, le seul adjectif qui m’est venu tout d’abord à l’esprit est « avataresque », néologisme qui pour sûr décrira dorénavant un film d’exception.
Avatar, vous en avez entendu parler, c’est tout d’abord une vision de Cameron qu’il a eu le temps de cogiter une bonne dizaine d’années, faute de pouvoir la mettre en pellicule. Pandora, la boîte de Pandore d’une humanité dévastatrice...
Avatar, c’est aussi le plus gros budget de l’histoire du cinéma, supérieur à 300 millions de dollars. Budget qui pour sûr est rentabilisé vu l’hégémonie du film au box-office.
Avant de recevoir une flèche empoisonnée des autochtones habitués des lieux, je vous file un lien pour découvrir plus en détail l’aspect technique du film, sur lequel je ne me pencherai pas plus que ça ici :
http://projection-privee.blogspot.com/
Ainsi Melimë ne me tapera pas trop sur les doigts pour avoir empiété sur ses plates-bandes ^^.
Je vous propose mon analyse rapide du film, qui n’engage que moi bien-sûr.
Tout d’abord, la 3D. Technique qui au vu des bandes annonces pour les films à venir va très vite devenir une référence au cinéma.
Les premières minutes, un début de mal de crâne. Pas tant à cause de la 3D que de la technique de mise au point. Utilisée dans de nombreux films, elle gagne en efficacité en 3D. Au début du film, mes yeux essayaient en vain d’accoutumer sur les différents plans du décor... Rapidement, je me suis efforcé de ne « rien faire » et tout de suite ça allait mieux.
Visuellement, c’est époustouflant, rien à redire. On est très loin des premiers essais de 3D type lunette rouge et bleue ou Disneyland. Certes, des détracteurs diront que telle ou telle scène présentait des défauts etc... Comme disent les geeks, OSEF ! La révolution est là. Croyez-vous qu’on a dit au premier concepteur de l’avion : « Dis donc votre machin c’est bof ça vole à 10 m de sol pendant 100 m et c’est tout. » Non, on a vite compris que c’était un pas de géant qui méritait de continuer à marcher dans cette direction.
Le tout est servi par une bande-son solide, qui d’ailleurs tourne sur mon PC alors que je rédige cet article... miam !
Le jeu des acteurs... je dis bien des acteurs. La technique de « capture motion » doit ressentir de l’ingratitude, car ça fonctionne tellement bien qu’on oublie que c’est de la « fausse vraie » animation 3D. A bon, c’est virtuel ?
Last but not least, quoi qu’en disent les plus sceptiques, l’histoire. Quand je suis allé voir ce film, je m’en fichais relativement de l’histoire, je dois l’avouer. J’étais là pour la révolution visuelle et pour rien d’autre. Grande surprise : non, l’histoire n’est ni bidon ni simpliste.
Tout d’abord, elle est bien ficelée, plus complexe qu’on ne pourrait le croire au premier abord sans tomber dans un hermétisme qui aurait classé ce film comme « bizarrerie monumentale ». Un scientifique naïf qui tomberait amoureux d’une telle tribu ; on trouverait ça facile. Un Marine, c’est déjà une autre paire de manches (non, je n’ai pas dit de jambes). On notera que Cameron a un souci du détail : le langage des Na’vis a été intégralement créé par un linguiste expérimenté, Paul Former, à tel point que vous pouvez vous amuser à l’apprendre sur le net, il est complet !
Autre révolution, quelle vision de l’écologie nous donnent les films « verts » d’aujourd’hui ? Toujours la même, de Home au futur Océans voire en passant par Into the Wild : y a la nature, y a l’homme, l’homme est méchant avec la nature : bouh ! Non, non et re-non, cette vision ne fera pas franchement avancer les choses, car elle accroît le fossé - purement artificiel - entre l’homme et la nature. Avatar, c’est autre chose : l’homme fait partie de la nature et vit en harmonie avec elle. Une harmonie qui dépasse la simple spiritualité mais qui est véritablement biologique. L’homme ne doit pas chercher à conserver la nature sous verre comme une œuvre d’art qu’on oserait pas toucher. Pas besoin de verre, au contraire. Attention, je ne prône pas un retour à la cueillette des baies dans les buissons (rires), j’affirme simplement qu’on ne devrait pas opposer civilisation et nature.
Je clos cet article sur l’identité humaine, question qui là aussi touche à l’écologie. Regardons le film : les méchants dont on fait partie au départ sont les humains, les gentils les Na’vis. Et ça ne pose aucun problème au spectateur ; on est bien content de leur « botter le c** » à ses enfoirés d’humains ! Plus encore - cela me faisait sourire au début et pourtant après avoir vu le film - je lisais récemment sur le blog de l’amie Mayeks le commentaire suivant : « vous serez loin, très loin de la beauté de Neytiri ». Et oui, l’héroïne Na’vi est belle. Adjectif qu’a priori on aurait du mal à coller sur une telle tronche humanoïde, faut le dire, sauf si vous êtes fan des Schtroumphs. Une différence que l’on surpasse pourtant sans souci, différence qui pourtant contribue en général au fossé animal/homme.
Allez, pour finir avec humour... On rigole mais on ne se moque pas hein ^^ !
Mouarf... Désolé, pas pu m’empêcher.
...
pourquoi les gens se sentent-ils obliger d’insulter un film qu’ils ont adoré en le ridiculisant, c’est comme ça que certains films se retrouvent catalogués dans des cases non méritées. cette vidéo est juste grotesque, il n’y a même pas de quoi se moquer !
Pour l’article, je n’aurai pas dit mieux, c’est parfaitement ce que j’ai ressenti !
Faut de tout pour faire le monde... et surtout pour le faire rire ^^.
Biz,
Anto
Encore un film que je ne verrai pas...plus on m’en parle, moins j’ai envie de faire comme les autres.
Une obscurantiste.
PS mais pourquoi le budget est-il un gage de qualité « intellectuelle » hein j’vous demande ??????
Hello,
Le budget n’est bien-sûr pas un gage de qualité. Tout est a priori possible. Avec Cameron aux commandes on pouvait cependant se douter qu’il serait bien utilisé (cf Titanic).
Dans tous les cas, c’est une des caractéristiques d’Avatar qui en fait un « film d’exception » pour reprendre mes propres termes. Film d’exception ne veut encore une fois pas dire film exceptionnel (bien que ce fut finalement le cas) mais film hors norme (et là on peut le dire : le budget est hors norme).
C’est plus de l’anticonformisme que de l’obscurantisme que tu prônes. Anticonformisme qui ne t’empêche pas t’apprécier du Wim Wenders, Martin Scorsese (Taxi Driver) ou du Woody Allen - je suis bien placé pour le savoir ^^ - l’Avatar de l’époque...
Comme quoi.